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Univers Parallèles

Des Bd, des dessins rigolos, des textes débiles et plein de n'importe quoi comme s'il en pleuvait, avec des dessinateurs fous fous fous...

Instants par François Coulaud

Instant 1

Il y a une rivière, la silhouette d’une cathédrale qui se mire, un pont que l’on traverse, une femme que l’on regarde et qui ne vous voie pas, penchée vers l’eau. Il y a ce moment où l’on passe si près d’elle qu’on pourrai t la toucher, où l’on capte un parfum léger qu’on n’oubliera plus. Enfin il y a ces pas que l’on fait, qui vous éloigne un par un, cet instant où l’on se retourne avec espoir, où elle ne vous remarque toujours pas.
Et l’on s’en va.
Pour jamais.
Il fait très beau, ce jour-là.

Photo : Fany Trives

 

Instant 2

‒ Cap ?

‒ Bien sûr !

Elle saute.
De la voir tourner dans l’eau, il en a la bouche sèche, belle, érotique, la robe remontée, la douceur du tissu rouge entre les jambes. Ses cheveux flottant autour de son visage pale. Elle ouvre les yeux, le regarde, lui envoie un rire muet.
Il n’en faudrait pas beaucoup plus pour qu’il tombe amoureux.
La soirée s’est figée. Un air de samba flotte dans le lointain, impalpable. Une foule d’yeux silencieux s’est massée au bord de la piscine, incrédule, troublée.
Voyeurs.
Soudain une femme en robe longue moulante saute à son tour, puis une seconde, un homme en costume.
La fête reprend dans un délire d’éclaboussures.
Il s’éloigne pour ne pas mouiller son pantalon.

Photo : Jean Louis dan
Modèle : C G Chrisie

 

Instant 3

Il repose sa tasse de café, attend quelques secondes avant de tremper sa première tartine de pain beurrée.
C’est l’heure.
Chaque matin, à cet instant précisément, une femme passe dans la rue devant ses fenêtres.  Elle court, ou plutôt elle danse, vers un travail hypothétique dans une tenue chaque fois différente.
Chaque matin, il interrompt son petit déjeuner pourtant très normé pour imaginer puis attraper cette image d’une silhouette belle et chic qui lui fera une journée agréable.
De penser à elle.
Il ne la connaitra jamais, ne la rencontrera jamais, ce n’est qu’un frisson furtif qui illumine sa vie.
Pas de regrets. Il sait qu’il n’est ni assez beau, ni assez futé pour attraper ce genre de beauté.
La voilà.
Elle porte aujourd’hui une robe bleue avec un gilet rouge, des gants de même coloris, un sac rouge-brillant, des escarpins à boucle dorée.
Superbe !
Elle a disparu, il se concentre pour bien conserver cette vision sensuelle puis attrape sa tartine.
Soudain… la revoilà.
Il en lâche le morceau beurré qui tombe à l’envers.
Elle le regarde, droit dans les yeux, lui envoie un baiser-sourire du bout des doigts.
Il se recule en arrière, paniqué, rouge, suant.
Oups !

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