LE COMITÉ

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TROISIÈME ÉDITION
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Un thriller intense. Nous sommes en 1935. Roosevelt s’apprête à réformer en profondeur la société américaine avec son New Deal. Il engage un jeune linguiste, Dick Coleman, qui aura pour tâche de mettre sur pied LE COMITÉ, un organisme voué à changer le cours de l’histoire en faveur des États-Unis. La technique du Comité se résume en trois mots : « Suspension de l’incrédulité ».

Lorsque vous arrivez à déstabiliser les réflexes de scepticisme d’un individu, vous arrivez alors à créer chez lui un effet de surprise de nature à intriguer, séduire, et captiver. On vous plonge dans un univers narratif et crédible. Il s’agit de de produire un effet de croyance. Si les États-Unis avaient déjà des visées impérialistes sur le monde, Le Comité leur a livré sur un plateau d’argent l’impérialisme narratif.

La planète consomme les symboles de l’Amérique, car Le Comité a réussi à saturer l’espace symbolique d’histoires fascinantes à propos du rêve américain. Roswell fut sa première opération d’envergure.

Ça fait déjà plus d’une heure trente que je roule. J’ai faim. J’approche de Truckee, une autre petite bourgade perdue du Neveda. Je m’engage dans la bretelle d’accès. Route régionale 186. Encore l’Amérique profonde. Et je vous jure qu’elle est profonde cette Amérique. Je tourne à gauche sur Donner Pass Road. À la sortie du carrefour giratoire, un fast-food nommé Burger Me. Je ne connais pas. Chose certaine, on y mange des hamburgers ! Sur l’affiche, tout juste sous l’adresse indiquant le 10418 : « De bons repas, frais, à prix abordable et servis rapidement… aussi vite que nous le pouvons ! » L’humour débile de mes congénères. Vite. Toujours vite. Toujours plus vite. Même dans les coins les plus reclus de l’Amérique, là où on devrait vivre lentement, il faut aller vite. C’est la maladie profonde de l’Amérique. C’est l’Amérique en perte de vitesse à trop vouloir prendre de la vitesse.

— Alors, monsieur Lovat, me demande l’ami du notaire Benichay, l’histoire vous a plu ?

— Non seulement elle m’a plu, mais je pense même qu’elle plaira et déplaira à la fois à des millions de croyants… Il y a, dans ce simple document, l’exposé d’une méthodologie digne d’être reprise par toutes les grandes agences publicitaires pour nous transformer en des imbéciles finis !

— C’est un point de vue, monsieur Lovat… C’est un point de vue. Il y en a bien d’autres. Réfléchissez, et vous verrez que des perspectives autrement plus intéressantes s’ouvrent à ceux qui, tout comme vous, prennent connaissance de la chose. Vous n’avez encore aucune idée du véritable potentiel du storytelling. Vous le découvrirez une fois de retour à San Francisco.

Posté le 30 août 2011, dans Uncategorized. Ajouter aux Favoris le permalien. 7 Commentaires.